Lève-toi, va pour ton bien

Eglise évangélique de Wissembourg

Dimanche, 17 novembre 2013

 

« Lève-toi, va pour ton bien »

ou un appel en entrer dans les projets de Dieu.

 

Introduction

Est ce que vous aimez le changement ? Est ce que vous êtes de ceux qui aiment prendre des risques, partir à l’aventure et découvrir de nouvelles choses ? Certains changements dans notre vie sont le fruit de choix personnels et volontaires. Mais il arrive également qu’un changement nous soit imposé de l’extérieur. Imposé ou non, le changement génère toujours un moment de fragilité. Des inquiétudes. Des interrogations. Il nous oblige à quitter une situation où nous étions bien, où nous avions nos repères, nos habitudes pour une nouvelle condition qui nous réserve de nombreux défis qui nous effraient et nous obligent à changer de fonctionnement et/ou à modifier nos habitudes.

Illustration

Avec l’arrivée de l’hiver cette petite illustration va sans doute vous parler :

Le thermomètre extérieur affiche -5. Vous êtes bien au chaud sous votre couette douillette et seul votre visage dépasse du duvet. Vous sentez qu’autour de vous il fait froid, ce qui vous pousse à apprécier d’autant plus votre condition. Aucune envie de vous lever. Même l’idée du petit déjeuner ne suffit pas pour vous faire sortir du dessous de la couette.

 

Qu’est ce qui va finalement vous poussez hors du lit ?

  • Votre conjoint qui vous demande de préparer le café…
  • Le thermomètre qui passe de -5 à +20 (improbable !!)
  • Un courant d’air froid qui commence à s’insinuer dans le lit…il remonte lentement le long de vos jambes et provoque une sensation désagréable…vous voilà hors du lit puisque quelque chose est venu troubler votre bien être.

Quittons le froid et la couette pour aller sous le soleil de Mésopotamie à la rencontre d’Abram.

Lectures Genèse 11.1-9 et 12.1-9

A.     Une humanité livrée au péché

1.      Des récits parlants

Ce récit de l’appel d’Abram, se trouve à une période charnière de toute l’histoire du salut. Jusque là, nous découvrons dans les 11 premiers chapitres de la Bible, des récits qui mettent en évidence l’esprit de rébellion de l’être humain et les conséquences du péché originel :

  • Adam et Eve, tentés par Satan, ils se révoltent contre Dieu et expriment ainsi leur volonté d’autonomie.
  • Caïn et Abel, Caïn qui se révolte contre Dieu de façon plus subtile que ses parents. Il tue son frère Abel et refuse d’en assumer la responsabilité.
  • Noé et le déluge, époque où le mal est devenu si général que les hommes ne conçoivent que le mal dans leur cœur
  • et finalement la tour de Babel.

Le récit de la tour de Babel est la triste illustration de l’humanité qui s’est détournée de Dieu et de ses prescriptions.

« Les hommes construisent une tour, symbole de leur tentative de bâtir une société affranchie de la loi de Dieu (…). »[1] On pourrait dire que la rébellion humaine atteint son apogée puisque les être humains font précisément l’inverse de ce que Dieu avait ordonné : 

Eden : Lors de la création, Dieu dit à l’homme et à la femme : « Soyez féconds, multiplier vous, remplissez la terre » (Gn 1.28). Autrement dit : dispersez-vous !

 

Babel : Que se passe t-il à Babel ?  : « …ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar, et il s’y installèrent » (Gn 11.3). Au lieu de se disperser et de compter sur Dieu, les bâtisseurs de Babel construisent une tour pour rester.  « Ils dirent alors : Bâtissons-nous donc une ville et une tour dont le sommet atteigne le ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne nous dispersions pas sur toute la terre ! » (Gn 11v.4).

 

Babel est la triste illustration de l’être humain qui cherche en dehors de Dieu

  • la paix et la sécurité
  • à se faire un nom « faisons nous un nom » (Gn 11.4)
  • à bâtir un empire « Bâtissons-nous donc une ville et une tour dont le sommet atteigne le ciel » (Gn 11.4)
  • et à devenir un peuple puissant et fort  = refus de se disperser, rester ensemble pour être puissant.

L’issue est connue : Dieu anéanti le projet et met fin à la folie et à l’orgueil humain.

 2.      Lève-toi, va pour toi !

Et c’est là qu’intervient  un changement, qu’une page se tourne dans le grand livre de l’histoire du salut. Et on pourrait se demander comment Dieu va s’y prendre pour trouver une solution ? Et bien, dans tout ce chaos, dans toute cette confusion de langages, qui rend l’épisode de Babel célèbre, Dieu va parler d’une seule voix, en appelant un homme : Abram !

Et c’est en Genèse 12.1-3, que commence une nouvelle histoire. Cette remarque de Bruc Walke est parlante : « La chute de l’humanité et le plan de Dieu pour sa rédemption commencent tous deux avec un seul individu. Avec Adam, l’infidélité et la désobéissance d’un seul homme attirent une malédiction sur la terre (…). Avec Abraham, la foi et l’obéissance d’un seul homme conduisent à la promesse d’un pays et d’une bénédiction pour tous ».[2] Et tout commence avec un appel. Le plan de rédemption de l’humanité est déclenché avec ces quelques mots « Va-t’en ».

« Le Seigneur dit à Abram : Va-t’en

  • de ton pays
  • du lieu de tes origines et
  • de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai » (Gn12.1).

et l’ordre de partir, qui est donné à cet homme qui ne connaît même pas Dieu, est suivit par des promesses et des bénédictions :

 

  1. Je ferais de toi une grande nation
  2. Je te bénirai
  3. Je rendrai ton nom grand
  4. Tu seras une bénédiction
  5. Je bénirai tous ceux qui te bénissent
  6. Celui qui te maudira sera maudit
  7. Toutes les nations seront bénies en toi

Ici il faut remarquer que Dieu offre à Abram ce que l’être humain voulait s’approprier par ses propres forces et pour sa propre gloire en construisant Babel !

=> Les uns disent installons-nous dans le pays de Shinéar (Gn 11.3) : s’installer pour prospérer… et Dieu dit à Abram « Va t’en de ton pays » et je te bénirai.

 

=> Les uns disent « Faisons des briques v.3  « Bâtissons-nous donc une ville et une tour faisons-nous un nom, afin que nous ne nous dispersions pas sur toute la terre » Gn 11.4

  • et Dieu va donner un pays à Abram, il va agrandir son nom : Abram « père élevé » devient Abraham « père d’une multitude ».

Dieu donne gratuitement à Abram ce que les être humains voulaient s’approprier en excluant Dieu de leur vie.

Dans l’introduction j’ai parlé du confort sous la couette. Abram était bien au chaud sous sa « couette », ou plutôt sous sa tente dans son pays avec sa femme, son personnel, ses animaux. Mais Dieu l’appel à partir, à se mettre en route, à se séparer de tout ce qui pourrait l’empêcher de devenir celui que Dieu veut qu’il soit.

 

« Va pour toi »

Il y a une subtilité dans le texte hébreu qu’on ne retrouve pas dans le français et qui dit «  Va pour toi », pour ton plaisir, pour ton bien. 

Abram doit partir pour que Dieu puisse agir en lui et au travers de lui. Il doit laisser derrière lui tout ce qui aurait pu faire de lui un grand homme selon les critères de l’époque. Il accepte de sortir de sa zone de confort pour entrer dans le projet que Dieu a formulé pour lui. Et ce qui est extraordinaire c’est qu’en répondant à l’appel de Dieu, Abram devient non seulement une source de bénédiction, mais surtout il prend sa place dans le projet de vie que Dieu a formulé pour lui, et devient celui qu’il doit être. Quand on y réfléchit c’est tout simplement époustouflant ! Ce sont milliers de personnes qui sont bénies aujourd’hui parce qu’un jour un homme a répondu à l’appel de Dieu, s’est levé, s’est mis en marche et a obéit à la voix de l’Eternel ! Abram devient une source de bénédiction parce qu’il accepte de quitter son foyer, de quitter une certaine sécurité, un confort pour relever le défi de la foi et de la confiance, et entrer ainsi dans les projets de Dieu.

Nous l’avons dit, entre Gn 11 et Gn 12 une page se tourne dans toute l’histoire de la rédemption de l’humanité. Ce changement radical est intervenu parce que Dieu dans sa grâce appel un homme « Lève-toi/va pour toi »  qui répond à la grâce en obéissant.

3.      Pistes d’application/réflexion

En méditant sur la relation entre Genèse 11 (Babel) et Genèse 12 (l’appel d’Abram), je me suis posé quelques questions que j’aimerais nous partager ce matin. Des questions qui pourront peut-être stimuler notre réflexion dans cette période de construisons de nouvelle église.

  • Existe t-il un risque, avec la construction de la nouvelle église, de chercher à nous installer ? Pourrions-nous être tentés de dire « bâtissons une tour et faisons-nous un nom » ? 
  • Est ce qu’un beau bâtiment, fait de pierres et de briques, pourrait nous faire perdre de vue que les vraies pierres qui construisent la vraie Eglise de Christ, c’est nous ? C’est toi, c’est moi, pierre vivante !
  • Est ce que cette réalisation humaine, pourrait devenir à l’instar de Babel, une occasion de fracture de la communauté, de rupture de la communion et échec de la communication avec pour conséquence une confusion croissante ?
  • Est ce que la nouvelle église pourrait devenir une nouvelle couette bien douillette, sous laquelle je peux rester au chaud et bien installé ?

A toutes ces questions il serait possible de répondre par l’affirmative. Alors que faire pour que cela n’arrive pas ? Que faire pour que le projet de Dieu dans la ville de Wissembourg se réalise et que son plan de rédemption se poursuive ?

 4.      Lève-toi, prends ta place

Même réponse que pour Abram : « Lève toi, va pour toi » et prends ta place dans le projet de Dieu. A force de faire parti d’un groupe, d’une communauté de chrétiens, on en arrive parfois à oublier que Dieu a des projets pour chacun et sur mesure. On pense que se noyer dans la masse est suffisant ! Mais Dieu veut plus pour nos vies ! Suivre le groupe et se noyer dans la masse c’est participer à la construction d’une tour et bâtir quelque chose d’éphémère. C’est comme « parler la même langue, avec les mêmes mots » (Gn 11.1).

Mais répondre à l’appel « Va t’en, lève-toi » et entrer dans les projets que Dieu a prévu pour moi, c’est participer à la construction du royaume de Dieu sur terre dans lequel j’ai un place à prendre, parce que Dieu a prévu cette place pour moi de toute éternité ! Lève-toi/va pour toi. Cette invitation résonne pour chacun d’entre nous ! Prions et demandons à Dieu de nous montrer nos forteresses que nous avons bâties et dans lesquelles nous pensons trouver paix et sécurité, épanouissement et bénédictions, et qui nous empêchent peut-être d’entrer dans ce que le Seigneur a en réserve pour nous.

J’aimerais lever toute ambiguïté : mon but n’est en aucun cas de vous mettre la pression pour aller travailler sur le chantier ! Mon but est de nous rappeler que pour chacun de nous Dieu a des projets différents, mais l’appel est le même : « lève-toi ! ». Et pour moi l’écho néotestamentaire à tout cela est Ephésiens 2.8-10 : «  C’est par la grâce, en effet, que vous êtes sauvés au moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions ».

Nous sommes tous une œuvre merveilleuse de Dieu ! Nous sommes son ouvrage, avons été créés en Christ-Jésus. Notre conversion est en quelque sorte la page qui s’est tournée entre Gn 11 et Gn 12 et qui s’ouvre sur une nouvelle histoire. Sur une nouvelle façon de vive, une nouvelle marche dans les œuvres bonnes que Dieu a préparées pour nous de toute éternité.  Et il n’y a pas de limite d’âge pour cela.

Laissons ce matin résonner dans nos pensées et notre cœur cet appel que Dieu a adressé à Abram « Lève-toi, va pour toi ». Il est aussi pour chacun de nous. Prions et demandons à Dieu de nous montrer ce qui m’empêche de prendre ma place. Cette place est différente pour chacun, unique et sur mesure. Pour entrer dans le plan de Dieu, Abram a du quitter. Quitter sa zone de confort. Nous avons tous des zones de confort dans lesquelles nous nous sentons bien, en sécurité, en paix. Et il ne s’agit pas de nous culpabiliser ou de nous accuser. Cependant, ce que je dois toujours à nouveau vérifier devant Dieu, c’est si ma zone de confort n’est pas en train de devenir une tour de Babel qui m’empêche de me mettre en marche pour Dieu et avec Dieu. De rechercher par mes propres forces, mes propres ressources ce que Dieu veut me donner. Autrement dit, est ce que je m’installe, est ce que je bâtie ma vie et cherche à agrandir mon nom (je vis pour moi), ou est-ce que j’accepte de me laisser interpeller par Dieu, de me lever et de partir à la recherche de ses projets pour moi (je vis pour Dieu) ?  Que chacun, devant Dieu, puisse réfléchir à la question et se laisser interpeller !

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[1] Bruce Waltke, Théologie de l’Ancien Testament, Charols, Excelsis, 2012, p. 318

[2] Ibid., p. 314

La souffrance : processus de transformation

Introduction

Dans un précédent message j’ai raconté une anecdote pour illustrer qu’une même situation pénible peut être vécue de différentes manières. Tout dépend du sens qu’on donne à ce que l’on vit. A la lumière de la première de Pierre nous avons réalisé que les « pierres vivantes » que nous sommes participent toutes à la construction du « peuple Temple » de Dieu sur Terre. L’épreuve qui sévit chez les chrétiens n’est pas gratuite mais contribue à édifier le Temple de Dieu sur terre et à glorifier Son Nom parmi les non croyants (1 Pierre 1.13-­‐2.10).

Voici cette anecdote :
On raconte l’histoire de ces trois hommes qui travaillaient dur dans une carrière de pierres. Quand on leur demande ce qu’ils font, le premier répond en râlant :
« Je m’éreinte à bosser pour un salaire de misère. C’est une vraie galère ! »
Le deuxième répond avec beaucoup de dignité :
« Je travaille dur pour nourrir ma famille. Pour moi, c’est cela qui compte ! »
Le troisième répond avec des yeux pétillants de lumière :
« Vous savez…je participe à la construction d’une cathédrale ! ».

Ces trois hommes vivaient la même chose, les mêmes difficultés, les mêmes contraintes mais ils donnaient un sens différent à ce qu’ils vivaient.

Souvent je me pose la question : « mais qu’est ce qui est vraiment essentiel dans ma vie ? » ou pour le dire autrement « Qu’est ce que je dois réellement viser comme objectif dans ma vie ? », « Quel doit être mon projet de vie, le but ultime de la vie chrétienne ? ». Les réponses sont nombreuses :

  • Ma famille
  • Mon couple
  • Mes enfants
  • Mon ministère
  • Dieu, oui ! Mais encore ?

Qu’est ce que Dieu veut pour ma vie et ce quelles que soient les étapes, les épreuves qui m’attendent dans la vie ? A cette question cruciale nous devons trouver une réponse ! Jeunes et moins jeunes ! Tant que nous n’avons pas trouvé de réponse à cette question nous risquons de perdre de vue le sens de notre vocation.

Je suggère ce matin un élément de réponse puisque je crois que le but ultime du chrétien est la conformité à Christ. Ressembler à Christ. Etre semblable à l’image du Fils de Dieu.

Texte : Romains 8.18­-29
Ce passage fait partie du grand développement de Paul sur la justification du chrétien. Dans les chapitres 3.21-­‐8.39 l’apôtre développe les fondements de la justification par la foi et tout ce que nous avons par l’oeuvre de Christ.

Qu’est ce que la justification ?
La justification est l’acte par lequel Dieu déclare juste tous ceux qui placent leur confiance dans l’oeuvre accomplie par Jésus Christ à la croix. Cet acte de justification est l’expression de l’amour et de la grâce de Dieu qui place le croyant dans une relation de paix avec Dieu (Romains 5.1).

Autrement dit, celui qui croit que Jésus Christ est le fils de Dieu, mort pour nos péchés, est justifié devant Dieu. Pour le dire avec une illustration juridique c’est le verdict d’un tribunal qui lève toutes les charges retenues contre l’accusé, parce que Christ a pris sur Lui notre culpabilité. La justification est donc une oeuvre merveilleuse qui nous place devant Dieu dans une position d’homme libre par rapport au péché. Mais Dieu a prévu bien plus encore !

En effet, la justification du croyant n’est pas un fin en soit. Nous avons été justifiés afin d’entrer dans un processus de transformation qui vise à faire de nous des hommes et des femmes qui deviennent conforme à Christ. Ressembler à Christ, de plus en plus, voilà ce quoi nous sommes appelés, voilà la volonté de Dieu pour son peuple. Voyons donc comment Paul en arrive à dire que le but de notre vie chrétienne, de notre justification est de ressembler toujours plus à Christ et comment les souffrances vont contribuer à ce processus.

Aucune condamnation (Romains 8.1) !
Pour commencer Paul rappelle un fondement indispensable comme pour éviter toute méprise sur la souffrance qu’il va évoquer et qui pourrait être perçue, interprétée comme un châtiment divin. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ-­‐Jésus » (Rm 8,1).
Dans certains milieux, il n’est pas rare d’entendre que la maladie, les épreuves, la mort d’un proche, sont un châtiment divin pour remettre sur le droit chemin le chrétien dont la foi serait refroidie. Cette conception nous paraît malheureuse et surtout sans fondement biblique. Jacques dit qu’il n’y a chez Dieu « ni changement, ni ombre de variation » Jacques 1.17 Le Dieu des chrétiens n’est pas comme les dieux païens, capricieux en qui on ne peut avoir confiance et dont l’humeur est versatile. Il nous a justifié par Christ. Plus aucune condamnation. Il ne reviendra pas sur cet acte de justification !

« Vous avez reçu un esprit d’adoption et non de crainte » (Romains 8.15)
L’autre verset qu’il nous faut avoir à l’esprit en abordant la question de l’épreuve et de la souffrance du croyant dans ce chapitre, est le verset 15 : « Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude qui ramène à la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption filiale, par lequel nous crions : Abba ! Père ! »

Paul à sans doute à l’esprit qu’il s’adresse à des chrétiens marqués par la religion de l’Ancien Testament. Religion où même le Juif le plus scrupuleux dans l’observance des rites gardait au fond de lui-­‐même un reste de crainte, jamais certain si son obéissance à la loi était suffisante pour qu’il soit agrée. Mais puisqu’il n’y a « maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ-Jésus » le chrétien n’a pas à être inquiété quand à sa position devant Dieu puisqu’il a reçu un esprit d’adoption. Tout en partant de notre condition, d’enfant de Dieu, d’héritiers de Dieu Paul prépare le terrain pour aborder la question de la souffrance en la plaçant dans la perspective de la conformité à Christ. « Si nous sommes enfants de Dieu, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être aussi glorifiés avec lui » (Rm 8.17).

Nous partageons tout avec Christ !
La chose la plus difficile qu’il nous faut accepter en tant que disciple de Christ c’est que nous partageons tout avec Christ : sa victoire sur le péché, sa victoire sur la mort, sa résurrection, sa relation privilégiée avec le Père mais aussi ses souffrances, ses peines, les limites de la condition humaine qu’il a connu lui aussi dans l’incarnation. La vie chrétienne, nous rappelle Paul, est une identification à Christ. Puisque nous partageons sa position de fils de Dieu, nous partagerons aussi son héritage dans la gloire du Père. Et comme nous sommes appelés à partager sa gloire, nous devrons aussi, d’une manière ou d’une autre, partager sa souffrance.

Mais Paul va plus loin et souligne qu’en aucun cas les souffrances que nous connaissons ne peuvent altérer notre héritage et la gloire à venir : « Il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir » (Rm 8.18). C’est comme si l’apôtre veut nous aider à prendre un certain recul sur les difficultés et les souffrances du chrétien pour leur faire perdre de la puissance. En vivant nos épreuves dans cette perspective nous les vivons comme de vrais enfants de Dieu. Sans les minimiser, faire semblant qu’elles ne nous affectent et sans nous laisser consumer, détruire par elles mais en gardant à l’esprit que notre souffrance est une souffrance avec espérance.

L’exemple du Christ
Quand Paul déclare que les souffrances du présent n’ont rien à voir avec la gloire à venir, il ne formule pas simplement une opinion personnelle. Cette conviction que nos souffrances ne peuvent altérer la gloire à venir ou nous priver des bénédictions que nous réserve est fondée sur le parcours, sur l’exemple de Christ lui-même ! L’image utilisée par Paul est saisissante quand il illustre cette réalité avec la création qui elle aussi soupir et souffre les douleurs de l’enfantement. C’est une autre manière de dire que nos souffrances ne sont pas des souffrances sans signification ni but, elles ne sont pas gratuites, mais qui vont donner vie à un nouvel état.

De la création Paul passe à l’Eglise du Christ en disant nous qui avons les prémices de l’Esprit, donc nous les chrétiens, « nous aussi nous soupirons et nous même en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps » v. 23. Nous sommes là en plein dans la souffrance liée à notre condition humaine. Nous sommes sauvés, en Christ, mais qu’a moitié. Nous sommes justifiés devant Dieu par Christ, mais par encore glorifiés auprès du Père. En somme notre âme est rachetée c’est vrai, mais pas notre corps. C’est donc notre corps non racheté qui provoque les gémissements. C’est lui qui nous fait souffrir. « Ce qui nous pousse à gémir intérieurement, c’est donc d’une part la fragilité de notre corps, d’autre part notre nature déchue. C’est pourquoi nous attendons ardemment la gloire à venir, où nous serons délivrés de ces deux fardeaux. »

Ce que Paul vient de développer sur la souffrance n’est donc pas incompatible avec notre vocation chrétienne, bien au contraire. Il pose le fondement de notre appel qui est un appel à la conformité à Christ : « Car ceux qu’il a connus d’avance, il a aussi décidé d’avance de les rendre semblables à son fils, afin que celui-­‐ci soit l’aîné d’un grand nombre de frères. » (v.29). Pour ce faire, Dieu utilise différents moyens. Mais laissez moi nous dire ce matin que la souffrance fait partie de l’oeuvre de transformation, du processus dont Dieu se sert pour nous rendre conformes à Christ. En aucun cas, nous devons appréhender la souffrance sous l’angle d’une régression spirituelle. D’un échec. D’une défaite. Encore moins d’une punition. Je le répète : l’objectif de Dieu pour ses enfants est de les rendre conforme à Christ. C’est bien en raison de cette conviction que Paul peut dire « Nous savons, du reste, que tout coopère pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son projet » v.28

Que l’épreuve puisse avoir des effets thérapeutiques, qu’elle nous forme, nous transforme est sans aucun doute une réalité. Permettez mois ici une digression personnelle. J’ai appris les plus grandes leçons spirituelles dans des moments pénibles et douloureux que je ne voudrais surtout plus revivre. C’est là que ce verset a pris son sens le plus significatif et que j’ai compris que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu. Dieu n’a pas « déclenché » les situations tragiques dans les lesquelles je me suis retrouvé pour me punir, me sanctionner…mais j’ai pu les appréhender, les vivre comme étant une occasion de grandir spirituellement, de prendre conscience de ma faillite spirituelle et combien j’ai besoin de Christ.

Mes épreuves ont été des occasions pour compter d’avantage sur les ressources du Seigneur que sur mes propres forces. J’ai appris la persévérance, la patience et aujourd’hui, avec un peu de recul je peux dire que Dieu ne m’a pas punit avec ces épreuves, il m’a bénit. Béni parce que la souffrance a été un moyen de grâce qui m’a permis d’être un peu plus conforme à Christ. « La souffrance fait partie du processus dont Dieu se sert pour nous rendre conformes à Christ. »

J’ai l’habitude de dire que Dieu nous aime trop pour nous laisser comme nous sommes ! Toutes choses concourent à notre bien. Tout ce que nous vivons Dieu s’en sert pour transformer notre caractère afin de nous rendre semblable à l’image de son Fils. C’est d’ailleurs ce que Paul met en avant au chapitre 5, v.3-­‐5. « la tribulation produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée, l’espérance ». La souffrance peut détruire nos illusions sur nous-­‐même et nous conduire à capituler devant Dieu.

Sur le plan humain certaines expériences sont pénibles, douloureuses, voir dramatiques. Tellement conscient de cette réalité il exhorte les chrétiens un peu plus loin dans l’épître à « se réjouir avec ceux qui se réjouissent et à pleureur avec ceux qui pleurent » 12.15 La réalité de la souffrance n’est pas minimisée mais en aucun cas elle ne doit devenir un chemin d’isolement pour celui qui souffre. Le défi pour l’Eglise est je crois d’apporter une réelle consolation à ceux qui souffrent. Mais une consolation dans la perspective de notre vocation chrétienne et de la gloire à venir. Une consolation qui va dans le sens d’un accompagnement afin d’aider celui qui souffre à grandir au travers des épreuves.

« La véritable consolation empêchera celui qui souffre de descendre la pente dans son attitude vis-­‐à-­‐vis de Dieu, de lui-­‐même et des autres. Elle cherchera à s’opposer aux attitudes centrées sur soi et à favoriser le développement spirituel. (…) la souffrance nous unit au Christ. Un chrétien ne peut avoir de pleine communion avec son Seigneur s’il ne s’identifie aux souffrances qu’il a endurées (…). Pour le chrétien, la souffrance n’est pas un état à éviter à tout prix mais, si elle survient, une situation qui doit être acceptée comme un moyen de progresser dans son union au Christ. Après la souffrance viendra la gloire. »

Paroles destinées à ceux qui souffrent dans leur corps Quand nous souffrons dans notre corps, quand nous sommes atteint par une maladie nous perdons bon nombre de choses:

  • la santé,
  • une condition sociale puisque la maladie peut nous obliger à cesser le travail
  • on peut se sentir marginalisé et faire partie de ceux qui représentent un certain poids, une contrainte pour d’autres.
  • La vie familiale est modifiée et l’intimité conjugale peut en souffrir elle aussi

Toutes ces pertes souvent parfois vécues comme des régressions, peuvent nous faire douter qu’elles visent le but que Dieu s’est fixé pour notre vie. Mais nous devons essayer de voir nos épreuves à la lumière de ce verset 28 et nous rappeler que ce que Dieu veut faire en nous, et beaucoup plus important que ce qu’il peut faire avec nous. « Toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu » signifie que Dieu accomplira en nous ce qu’il a prévu de toute éternité. Même si nous sommes atteint dans notre corps, affaibli, etc.

Dieu n’est jamais pris de court. La souffrance physique, comme la souffrance psychique ou spirituelle peut être tel que nous avons peut-­‐être du mal à croire et accepter que Dieu poursuit toujours et encore son projet pour nous. Ces doutes peuvent nous rendre hésitants à lire la Bible, à nous tenir en présence d’autres chrétiens qui vont bien. Miné par l’épreuve nous avons même du mal à prier. Mais la preuve que Dieu nous maintient son amour et sa grâce, et qu’il poursuit le but qu’il s’est fixé de nous rendre conforme à Christ, nous est donné au versets 26-­‐ 27 dans la sur prière de l’Esprit Saint : « L’Esprit viens au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières…c’est selon Dieu qu’il intercède. » Si nous sommes à bout de force, Dieu ne l’est jamais. Son Esprit qui vit en nous intercède pour nous « selon Dieu », selon sa volonté, selon son projet. Et qu’elle est ce projet ? « Etre semblable à l’image de son Fils ».v 29

Amen.

Joël HERRMANN

La souffrance dans la perspective du Royaume – 1 Pierre 1. 13-­2.10

Introduction

On raconte l’histoire de ces trois hommes qui travaillaient dur dans une carrière de pierres. Quand on leur demandait ce qu’ils faisaient, le premier répondait en râlant : « Je m’éreinte à bosser pour un salaire de misère. C’est une vraie galère ! » Le deuxième répondait avec beaucoup de dignité : « Je travaille dur pour nourrir ma famille. Pour moi, c’est cela qui compte ! » Le troisième répondait avec des yeux pétillants de lumière : « Vous savez…je participe à la construction d’une cathédrale ! ».

Ces trois hommes partageaient une même expérience, les mêmes contraintes physiques, les mêmes difficultés. Ils avaient tous les trois mal aux bras et/ou au dos en fin de journée. Mais chacun fait une lecture différente de ce qu’il vit. L’ambiance, l’état d’esprit, l’implication, l’énergie, la fatigue et même le moral tout cela va être affecté en fonction du sens donné aux circonstances. Il est profondément humain de chercher à donner un sens à sa vie. Mais ce besoin de sens, de trouver une fécondité, est encore plus pressant quand nous vivons des choses pénibles ou douloureuses et quand notre foi est éprouvée par la souffrance.

« Concilier la souffrance humaine avec l’existence de Dieu n’est un problème insoluble que si nous nous obstinons à attacher au mot amour un sens superficiel et à considérer l’ordre des choses comme si l’homme en était le centre. »

Quel sens puis-­‐je donner aux souffrances et aux épreuves qui surviennent dans ma vie ? Est ce que le pire des drames de mon existence peut servir à quelque chose ? A quelqu’un ? Etre utile à une cause ? Il n’ s’agit pas de répondre ici de manière exhaustive, mais d’ouvrir quelques perspectives en nous appuyant sur la Parole de Dieu.

Texte principal : 1 Pierre 1. 13-­‐2.10

Pierre écrit à des chrétiens qui sont dispersés dans différentes provinces d’Asie mineure. L’objectif de sa lettre est l’encouragement de ces chrétiens qui sont éprouvées dans leur foi, affligés par différentes épreuves. Il leur écrit afin qu’ils tiennent ferme et ne se laissent pas abattre par les adversités. Souffrance et espérance sont les thèmes majeurs de cette épître. Et cela ressort d’ailleurs dans toute la construction de la lettre.

  1. En 1.3-­‐12 il est question des afflictions, de la « foi éprouvée »
  2. Mais ce thème revient également dans une deuxième section qui va de 4.12-­‐5.11 avec des termes similaires où il est question de « la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver » (4.12). Ces deux sections, l’une au début l’autre à la fin, entourent l’épître et soulignent l’objet, l’intention de Pierre : encourager les chrétiens qui passent par le creuset de la souffrance !
  3. Entre ces deux parties il y a une autre section qui va de 2.11-­‐4.11. A noter dans ce passage que le mot souffrance revient neuf fois avec plusieurs autres allusions. Christ est présenté dans cette section comme l’exemple parfait de persévérance face à la souffrance et à qui nous sommes appelés à ressembler. La fournaise qui sévit parmi ces chrétiens n’est pas un châtiment divin. Leurs souffrances ne sont pas une punition, une sanction divine. Pierre les rassure en disant que la grâce de Dieu à laquelle ils sont attachés est juste et véritable et que leurs épreuves font parties de leur appel. « Si tout en faisant le bien, vous supportez la souffrance, c’est une grâce de Dieu. C’est à cela en effet que vous avez été appelés, parce que Christ lui aussi a souffert pour vous et vous a laissé un exemple » 2.21. Les chrétiens d’Asie mineure font face à des persécutions et autres adversités inhérentes à quiconque embrasse la foi chrétienne.
  4. Il reste une dernière grande section, celle que nous venons de lire qui va de 1.13-­‐2.10 Dans tout ce passage on note une absence totale de la souffrance. Aucune allusion à l’épreuve. A aucun moment Pierre n’aborde le sujet dans cette section. Christ est présenté, non plus comme un modèle de souffrance, mais comme un agneau sans défaut, Auteur de notre salut par qui le chrétien à la vie. Cette section centrale est des plus importantes même si on peut se demander pourquoi abandonner ce thème du feu de l’épreuve, de la souffrance ?

Que pouvons-­‐nous bien faire au coeur de la souffrance ?
Que nous reste t-­‐il à l’heure de l’épreuve ?
Quels sont nos espoirs quand « la fournaise sévit pour nous éprouver » ?

Avec cette section je crois que Pierre veut encourager les chrétiens à lever les yeux vers Christ, à se tourner vers Lui, et Lui seul, à l’heure de la souffrance ! Lui qui a connu la solitude, l’épreuve, le rejet sait de quoi nous avons besoin. C’est également une manière de dire que dans l’adversité nos pensées doivent être, plus que jamais, centrées sur Dieu et non sur nous-­‐même (cf. citation de Lewis). Parce que regarder à Christ dans l’épreuve est toujours une occasion de grandir dans notre intimité avec Lui. De mieux de le connaître, d’apprendre à dépendre de Lui, à compter sur Lui !

Le chrétien ne doit pas chercher à éviter la souffrance à tout prix. Elle est d’ailleurs inévitable, mais quand elle advient, elle doit être considérée comme une occasion de progresser dans son union au Christ. Après la souffrance vient la gloire ! « Ne soyez pas surpris de la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’étrange. Au contraire, réjouissez-­‐vous de participer au souffrances du Christ, afin de vous réjouir avec allégresse, lors de la révélation de sa gloire » 4.12-­‐13

Pierre cherche résolument à donner une perspective à l’épreuve en rappelant aux chrétiens que même au coeur de la souffrance, même à l’heure où tout semble s’effondrer autour de nous une chose ne changera jamais : « Vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre par le sang précieux de Christ ». Notre foi et notre espérance sont en Dieu. Quelle source de consolation, de soutien et de réconfort !

Georges MacDonald, « Le Fils de Dieu a souffert jusqu’à la mort non pas afin de permettre aux hommes de ne pas souffrir, mais afin que leurs souffrances puissent être semblables aux siennes. »

Déchargez vous sur lui Vous connaissez tous cette merveilleuse invitation que Pierre adresse à ses lecteurs à la fin de l’épître : « Déchargez-­‐vous sur lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous » (v7). Le verset qui précède (v.6) a des échos moins positifs et peut nous faire frémir mais on ne peut le détacher du verset 7 : « Humiliez vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève en temps voulu » (v.6). Ce verset nous enchante un peu moins parce l’humiliation est chargée d’images négatives dans notre esprit (dénigrement de soi-­‐même, flagellation des moines, pécheur prostré, etc.).

Pourtant la « main de Dieu » dont il est question ici à un sens positif et plein d’espoir pour celui qui souffre. S’humilier sous la « puissante main de Dieu » c’est reconnaître sa pleine souveraineté sur ce monde, l’histoire, mon histoire, ma vie même à l’heure de l’épreuve et quand les circonstances sont douloureuses et incompréhensibles.

« Déchargez-­‐vous sur lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous. » cela revient finalement à reconnaître que c’est Dieu le Maître des choses, qui gouverne ce monde et qui conduit ma vie avec tout ce qu’elle peut avoir de douloureux. Depuis des siècles, depuis la création du monde l’histoire du salut, l’histoire de l’Eglise se construit et se déroule avec des hommes et des femmes qui passent par la souffrance. Parfois de manière tragique. Christ lui-­‐même, pour notre rédemption, a dû souffrir le supplice de la croix.

Que nos épreuves puissent contribuer à la construction de l’Eglise du Seigneur et à l’avancement de Son Royaume peut nous paraître étrange. Je crois pourtant que c’est ce que Pierre nous dit dans son épître et qu’il veut donner une autre perspective à la « fournaise qui sévit » et placer l’expérience de ces chrétiens dans une perspective beaucoup plus large : la construction du Temple de Dieu sur terre !

La section que nous avons lu est construite autour de six impératifs qui structurent, organisent toute le passage.

  1. 1.13 « Espérez »
  2. 1.15 « soyez saints »
  3. 1.17 « conduisez-­‐vous avec crainte »
  4. 1.22 « aimez vous ardemment »
  5. 2.2 « désirez le lait de la parole »
  6. 2.5 « construisez vous »

Sur ces 6 impératifs 5 sont à l’aoriste temps qui désigne l’action en elle même (le fait d’être saint, le fait d’espérer, etc.). Le 6e par contre est au présent « construisez-­‐vous ». Ce temps marque une action continue. Pierre désigne l’action dans son déroulement.

C’est donc comme si Pierre disait qu’en espérant, en étant saint, en se conduisant avec crainte, en aimant ardemment nos frères et nos soeurs et en désirant le lait de la parole, les chrétiens à qui ils s’adressent et qui souffrent, prennent part à quelque chose d’extraordinaire : la construction du Temple de Dieu sur la terre.

Précision supplémentaire quant à cette construction…

Le texte ne dit pas « construisez vous » pour former un temple… mais « construisez vous étant un temple spirituel », « édifiez vous » vous qui êtes temple de l’Esprit.

Les pierres vivantes que nous sommes participent à quelque chose qui existe déjà, qui est là. Chacun d’entre nous avec ses épreuves, ses souffrances, ses difficultés participent à cette construction et fait pleinement partie des pierres vivantes ! Quelle merveilleuse perspective !

Dietrich Bonhoeffer qui écrit alors qu’il est dans une prison de la Gestapo : « Dieu se laisse déloger du monde et clouer sur la croix (…) Christ ne nous aide pas par sa toute puissance mais par sa faiblesse et ses souffrances. Voilà la différence décisive d’avec toutes les religions. Le religiosité de l’homme le renvoie dans sa misère à la puissance de Dieu dans le monde (…). La Bible le renvoie à la souffrance et la faiblesse de Dieu ; seul le Dieu souffrant peut aider ».

A aucun moment Pierre dans son épître minimise la souffrance des croyants. Il ne donne pas de solution facile, quelques recettes de prière. Tout en reconnaissant la « fournaise qui sévit » il encourage les chrétiens à se tourner vers Jésus-­‐Christ. De détourner un instant les regards de la souffrance présente et passagère pour regarder à Christ et se souvenir que le chrétien est régénéré par une semence incorruptible et que sa vie se déroule sous la main puissante de Dieu qui prend soin de nous tous.

Je pense que Pierre partage aux chrétiens d’Asie des choses qu’ils savaient déjà en partie. Mais il est bon de se rappeler certaines vérités fondamentales, et surtout à l’heure de l’épreuve. Bon de réentendre les promesses du Seigneur. Pour cela nous avons besoin les uns des autres. Personne ne doit souffrir seul dans son coin. Les pierres vivantes que nous sommes et qui édifient le Temple du Seigneur sur terre, sont appelées à s’aimer ardemment en toute occasion. A l’heure de la souffrance et de l’adversité c’est sans aucun doute le meilleur moment de témoigner de cet amour à nos frères et soeurs en Christ !

Joël HERRMANN

Petite méditation pour cette année

Nous voilà arrivés au 16ème jour après la fin du monde prévue par les Mayas !…

Qu’est-ce qui a changé depuis ?… pas grand-chose…

Je me suis posé la question : Et si cela s’était réalisé ?… Où serions-nous aujourd’hui ?

Pour certains au paradis avec le Seigneur, pour d’autres en enfer…

Rachid nous a parlé d’amour avec l’épitre aux Corinthiens, mais à chaque fois que je lis ce passage, ce qui me surprend, c’est tout ce qu’on peut faire sans amour et se tromper de chemin…

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges… quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes… quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé » (1 Corinthiens 13.1-3)

« Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? » (Matthieu 7.22)

« Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (7.23)

Si ce n’est pas l’amour qui a motivé nos actions, qu’est-ce que c’est ?…

C’est notre volonté propre qui a pris la place. C’est l’orgueil, c’est vouloir se mettre en avant, même si nous n’en avons pas toujours conscience. Et comme le dit la Parole ceux-là ont déjà leur récompense !…

Charles nous a demandé ce que nous allions offrir au Seigneur pour Noël

Pour moi je ne vois qu’une chose qui nous est rapportée dans Romains 12.1-2

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »

Quand l’apôtre Paul a rencontré le Seigneur sur le chemin de Damas, il est écrit dans Actes 9.6 :

« Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

Ces paroles nous montrent la pureté du désir et la parfaite droiture de l’attitude de Paul. Ce qu’il a appelé ensuite « la vision céleste » (Actes 26.19) l’avait tellement saisi qu’il s’est mis à la disposition de son Seigneur, cherchant à connaître sa volonté pour la faire.

Au début de cette nouvelle année, nous devrions avoir la même attitude : venir à Lui pour mettre notre vie à sa disposition. Si nous commençons l’année de cette façon, si cette attitude est la base de notre activité, l’avenir est assuré.

Alors Bonne Année à tous, que le Seigneur vous bénisse et vous garde !

Marc V